Le clown de Bergman au cinéma

•2 novembre 2010 • Laisser un commentaire

Écrit pour le théâtre en 1993 sous le titre S’agite et se pavane et considéré par les cinéphiles comme une des œuvres majeures du réalisateur Ingmar Bergman, En présence d’un clown sortira finalement en 1997 à la télévision suédoise. Présenté à Cannes en 1998, diffusé une ou deux fois sur des chaînes françaises la même année, ce téléfilm va ensuite plus ou moins disparaitre du circuit. Un tort qui sera bientôt réparé puisque le film sera à l’affiche dès demain dans quelques salles d’art et essai de l’Hexagone ( cliquez ICI pour les séances).

Avec pour cadre un asile psychiatrique des années 20, ce film raconte la rencontre entre un ingénieur enfermé suite à des accès de violence contre sa femme et fasciné par Franz Schubert et un professeur d’université déconnecté du réel. Les deux hommes décident d’inventer le cinéma parlant, en retraçant les derniers jours du compositeur autrichien aux côtés d’une prostituée. “La création, la mort, l’amour, la solitude existentielle, l’effusion réciproque de l’art et de la vie, toutes les hantises bergmaniennes s’y trouvent recyclées à nouveaux frais”, écrit Jacques Mandelbaum dans Le Monde du 31 octobre 2010 à propos du film. Hantises “bergmaniennes”, certes… et obsessions du clown par la même occasion. Du moins, imaginè-je que c’est en ça que la métaphore du clown sert le propos du réalisateur. Imaginè-je en effet, car je l’avoue, je n’ai pas encore vu le film. Cependant, vous en livrer une critique détaillée eut été cruel, car certainement, j’aurais ainsi gardé pour moi seule le plaisir de cette programmation. Le film n’est en effet à l’affiche qu’une courte semaine. Hâtez-vous.

En présence d’un clown (1997)

En salles du 3 au 9 novembre 2010

Réalisation: Ingmar Bergman

Scénario: Ingmar Bergman

Avec Börje Ahlstedt (Carl Åkerblom, l’ingénieur), Marie Richardson (Pauline Thibualt, la femme), Erland Josephson (Osvald Vogler, le professeur), etc.

En savoir plus:

En présence d’un clown par I. Bergman, étude par Jean Narboni (critique et enseignant), éditions Yellow Now, Bruxelles, 2007.

Video du week-end #8 – TODOR & PETRU

•29 octobre 2010 • Laisser un commentaire

Rémie Bastie, Jonathan Djob Nkondo et Nicolas Pegon se sont rencontrés aux Gobelins. Il y a 2 ans, ils faisaient déjà partie de la bande aux manettes du court métrage Jesus 2000, et je vous en parlais. Ils reviennent avec deux autres compères et un nouveau court, plus violent, plus puissant. C’est drôle, c’est old school, c’est talentueux.

todor1Court métrage “Todor & Petru”

Par Rémi Bastie, Nicolas Dehghani, Jonathan Djob Nkondo, Nicolas Pegon et Jérémy Pires (École des Gobelins), dans le cadre d’un stage professionnel chez Wizz Design.

Travail réalisé en 2D (photo et animation).

Regard(s) sur le New Burlesque

•25 octobre 2010 • Laisser un commentaire

 

Violet Valentine, Jacques Cabaret, Boston (2006) par Henry Horenstein

Du 7 au 10 octobre 2010, se déroulait à La Bellevilloise, dans le 20ème arrondissement de Paris, la deuxième édition du Paris Burlesque Festival. Le 7 au soir, la toute première revue de ces journées consacrées à l’art de s’effeuiller avec humour avait choisi comme thème le cirque et le théâtre forain, rendant ainsi hommage aux spectacles itinérants, où le Burlesque s’est développé (principalement aux États-Unis durant les années folles) avant de revenir au sein des music-halls de l’après guerre.

Je m’y suis précipitée, pour tout vous dire. Parce que les esthétiques du Burlesque dans un premier temps et du New Burlesque aujourd’hui (ou Néo-Burlesque dans la langue de Molière) m’ont toujours fascinées. Mais aussi parce que le thème du cirque était un appel irrésistible. Et enfin parce que ce mouvement, ainsi que le précise le communiqué de presse des organisateurs de l’évènement, propose une ” philosophie nouvelle de la féminité, une nouvelle définition du féminisme, des rapports entre les hommes et les femmes, du rapport de la femme à son propre corps et d’une façon plus large, des systèmes d’identités de classe, de genre, de race et de sexe”. Forcément, ça interpelle.

Culture underground, le New Burlesque commence aujourd’hui à poindre son nez auprès d’un plus large publique: l’effeuilleuse Dita Von Teese en drapeau étendard, la chanteuse Christina Aguilera en version appauvrie dans le film Burlesque, ou encore, et je devrais dire surtout, dans une lecture très poétique du mouvement, le film Tournée d’Almaric. Pour autant, si le New Burlesque intéresse désormais le mainstream, d’autres ont voulu aller au devant des artistes américaines ayant remis au goût du jour cet art. C’est le cas d’Amalric à travers sa caméra amoureuse, mais c’est aussi l’objet du travail de trois photographes. Pas si simple à repérer sur la toile, voici trois regards sur le Burlesque du 21ème siècle.

  • Henry Horenstein (USA) – Clichés réalisés entre 2001 et 2009 à l’occasion de shows aux Etats-Unis. Horenstein apporte un regard incisif sur les revendications politiques et sociales du mouvement.

Jess as Tallulah Starlight, Boston (2008)

Show (édition limitée), par Henry Horenstein. Editions Pond Press (2010). Site de l’artiste: www.horenstein.com

  • Katharina Bosse (Finlande) – Exploration de la notion de “burlesque” à travers une série de portraits d’artistes. Travail intéressant sur les images d’Épinal made in USA.

New Burlesque, par Katharina Bosse. Editions Filigranes (2003). Site de l’artiste: www.katharinabosse.com

  • Leland Bobbé – Lumière crue pour cette série qui, si elle pêche un peu dans son contenu et sa sensibilité par rapport aux deux études précédentes, offre une vision colorée et diversifiée des artistes New Burlesque.

New Burlesque, par Leland Bobbé. Non édité. Site de l’artiste: www.lelandbobbe.com

Vidéo du week-end #7 – ANGUS & JULIA STONE

•22 octobre 2010 • Laisser un commentaire

Track “Big Jet Plane”.

Par Angus & Julia Stone.

EP Big Jet Plane (date de sortie: 2010).

Live Morning Becomes Eclectic (www.kcrw.com) Octobre 2010.

Stéréotypes: Folk, Blues.

Labels: EMI (Australie) / Flock (UK).

S.Carey: All We Grow

•20 octobre 2010 • Laisser un commentaire

J’ai des tas d’amours, et le folk, sur le tas, n’est pas en mauvaise position. Le folk en plus, c’est connu, c’est bavard et c’est l’occasion de parler de tas de choses.

Et d’ailleurs, alors que Figure 8 d’Elliott Smith turbine dans mon baladeur mp3 et que je trépigne devant le Bataclan (2 nov. 2010) en attendant Syd Matters et son dernier né Brotherocean ( i.e. Frère Océan, trilogie du merveilleux Romain Gary), voilà qu’un troisième folker, Sean Carey, du Wiscontin, me donne l’occasion savoureuse de vous parler de KCRW, radio collaborative californienne qui a mes faveurs ferventes! C’est vrai, on y pense peu, mais sur le web, pas obligé de se cantonner à Radio Nova ou France Inter.

Sur KCRW donc, y a des tas de choses. Des émissions, du blabla comme partout, de la musique, des live acoustiques enregistrés sur place, et surtout une ligne de conduite : l’éclectisme et une qualité de recherche et de renouvellement constante. En l’espace d’une demi-heure (sans publicité), vous entendrez ainsi Jeff Buckley cotoyer les Daft Punk, Ella Fitzgerald ou encore les Cinematic Orchestra et The Kills (rubrique Eclectic 24). Et ça, ça vaut des dollars, foi de française aux oreilles définitivement tournées vers la côte Est.

Autre rubrique, Today’s Top Tune qui met en avant un titre par jour, téléchargeable gratuitement pendant 24 heures. Option chouette me direz-vous, et oui, oui, j’agrée. Mais ce sont surtout 3 minutes 30 quotidiennes pour écouter les plus grands, i.e. Neil Young, Robert Plant et son planant Silver Rider, etc., apprécier les montants et les confirmés comme Of Montreal ou Arcade Fire, et découvrir les tout verts, tout frais, tout neufs, tout beaux comme… Sean Carey.

Batteur au sein du groupe Bon Iver et compositeur-interprète, le folker a sorti à la rentrée All We Grow, premier album solo, lunaire, aux mélopées oniriques teintées d’accents trip hop. Les boucles et les litanies se superposent, s’entrecroisent et se succèdent pour livrer des morceaux d’une douceur extrême où la puissance trouve pourtant sa place. Univers résolument mélancolique, le monde musical de Sean Carey offre un son propice aux rêveries et à la contemplation. Forcément, et comme on ne se refait pas, je fonds. Et même davantage lorsque résonnent dans mon casque les premières notes de Mothers, la plus jolie réussite de l’album.

Album All We Grow

Par S.Carey

(sortie: 30 août 2010).

Label: Jagjaguwar.

Stéréotypes: Néo Folk.

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.